Elise sous emprise

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Comédie dramatique de Marie Rémond

Sortie en salle le 13 Mai 2026

Cinéma Rex de Pontivy

Dès l’incipit, nous sommes directement plongés dans une pièce de théâtre qui surplombera tout le film : Perturbation, l’oeuvre de l’écrivain autrichien Thomas Bernhard, publiée en 1967. Un auteur de génie, romancier et dramaturge, qui excelle autant dans sa prose répétitive et obsédante, que dans ses thèmes plutôt sombres et pessimistes tels que la maladie, la déchéance ou encore le suicide. On retrouve dans Perturbation, une phrase de l’auteur qui, à mon sens, résume parfaitement ce long métrage : « Les maladies sont le plus court chemin de l’homme pour arriver à soi ».

C’est dans ce contexte que le metteur en scène de la pièce, Groutchov (Alain Françon), décède tragiquement pendant une répétition. Son assistante, Elise (Marie Rémond), se laisse totalement guider par les décisions de l’équipe et prend les rênes, malgré elle, de la mise en scène du spectacle. En parallèle, son amant, Léopold (José Garcia), la malmène à tout point de vue : infidélité, agressivité et manipulation.

Soudain, Elise va être en proie à des crises de panique sans précédent, qui vont la plonger dans un mal-être extrême : agoraphobie, anxiété et dépression. Nous, spectateurs, sommes témoins, voire touchés par cette suffocation intenable, notamment dans le bus parisien, bondé, où l’héroïne tente désespérément de reprendre son souffle en ouvrant la vitre au-dessus de son siège. L’usage fréquent de son casque de moto intégral, fermé, qui l’isole du reste du monde, participe à cette tentative de se barricader. Le casque devient un véritable bouclier social, protégeant son cerveau vulnérable des bruits et des dangers.

Elise se débat tant bien que mal avec ses angoisses et ses craintes et trouve enfin un moyen de sortir de ce naufrage : se faire aider par un professionnel et entamer une thérapie, alliée à un traitement médicamenteux. Mais c’est surtout dans la façon de repenser sa vie qu’elle va se rétablir : savoir s’écouter dans ses choix, ses priorités et s’écarter des personnes toxiques (c’est l’autodétermination).

L’issue du film est plutôt encourageante puisqu’on y voit Elise épanouie et souriante, avec son nouvel ami Joseph (Gustave Kervern); ayant retrouvé de l’ambition grâce a un projet littéraire. Cependant, on ressort du cinéma un peu déboussolés par ce film qui illustre la fragilité de l’humain face à une société qui accélère, qui exige et qui condamne sans cesse. Il en faut du courage pour survivre dans cette hostilité ambiante ! Thomas Bernhard conclura cet article de la meilleure des façons :  » La vie n’est rien que l’exécution d’une peine, me dis-je en moi-même, il faut que tu supportes l’exécution de cette peine ». (Le Froid, 1984).

Le Cri, Edvard Munch (1893 et 1917)

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